
Mouvement « ensemble pour une santé solidaire »
Communiqué de presse« La loi Bachelot : une mise en danger de la vie d'autrui »
Avant l'examen de la loi Bachelot par la commission mixte paritaire, programmée pour le 16 juin, des sénateurs du groupe CRC-SPG ont réuni aujourd'hui des représentants des différents mouvements impliqués dans la défense du service public de santé et du système solidaire.
Nous les remercions de cette initiative, portée notamment par Guy Fischer, Nicole Borvo-Cohen, et François Autain, même si nous partageons avec eux de fortes craintes sur un passage en force de la loi Bachelot, car les financiers sont pressés de récupérer enfin le marché de la santé.
Nous partageons tous les constats, analyses et prédictions qui ont émaillé le débat, dressant un tableau inquiétant et consternant de l'état de notre système de santé, affaibli et mutilé par les coups que lui porte, sans relâche, le gouvernement UMP.
Nous partageons toutes les craintes sur la privatisation annoncée, imposée en force, sans débat démocratique hormis quelques simulacres de concertation avec des interlocuteurs serviles, dont la ligne de mire s'arrête à la rosette flambant neuve qui orne leur revers, ou à l'espoir d'un poste honorifique dans la nouvelle organisation.
Nous avons exprimé notre colère de voir un gouvernement prendre en otage la démocratie, et utiliser ses outils afin d'imposer un système de santé où l'hôpital public et la sécurité sociale solidaire, qui garantissaient l'égal accès aux soins pour tous, sont kärchérisés afin de faire place nette pour la marchandisation et la protection individuelle.
Nous avons demandé à tous les politiques, syndicalistes, militants associatifs, journalistes, présents dans la salle, de tout mettre en œuvre pour dénoncer des méthodes gouvernementales dignes des pires patrons-voyous, pour empêcher cette politique d'une obscénité morale incroyable, qui consiste à créer actuellement une pénurie d'accès aux soins, et un chaos total dans le système, dans un seul objectif : amener ainsi les français à accepter la privatisation dont ils ne veulent pas.
Cette technique de vente fait partie du B-A BA de la stratégie marketing de base.
Elle est moralement discutable dans son principe. Mais, appliquée au système de santé, elle est tout simplement criminelle.
La loi française sanctionne la « mise en danger de la vie d'autrui ».
Nous porterons devant la justice tous les cas de non accès aux soins du fait de la mise en oeuvre de la politique gouvernementale. Nous demanderons à la justice de protéger les citoyens. Et nous veillerons à ce que l'Etat français respecte la loi, comme il est de mise dans toute démocratie...
Pour le Mouvement Ensemble pour une Santé Solidaire
http://ensemblepourunesantesolidaire.fr
Bruno-Pascal CHEVALIER - 06 89 18 01 77 -
Cécile MOUTTE - 06 10 73 83 996-
Eric TAILLANDIER -06 29 73 78 00-
A Mesdames et Messieurs les parlementaires, membres de la commission paritaire,
Vous allez être amenés à prendre, dans les jours prochains, une décision qui sera lourde de conséquences.
A l'heure où les Etats-Unis tirent les conséquences du lourd et douloureux bilan d'une politique sanitaire d'un tel type (plus de 100 000 morts par an faute de soins, un foyer en faillite personnelle toutes les 6 minutes suite à des dettes contractées pour financer des soins, le système le plus cher au monde... pour une efficacité médicale parmi les moins bonnes...) nul ne peut aujourd'hui ignorer ce qui se passe en France, et quelles en seront les conséquences.
Il apparait clairement, aujourd'hui, que ce qui se joue est le glissement insidieux vers un système de santé majoritairement privatisé, avec une prise en charge individuelle des risques maladie et dépendance.
C'est très grave.
Après les forfaits et franchises, après les déremboursements et dépassements de plus en plus nombreux et importants non pris en charge, (sans parler de la fermeture des permanences et de la baisse de moyens alloués aux CPAM)... et aujourd'hui de nouveau le projet de transférer aux complémentaires santé la prise en charge des ALD, c'est la fin de la sécurité sociale solidaire qui est annoncée.
En ce qui concerne l'hôpital, la loi Bachelot, couplée avec le plan hôpital 2012, et conjuguée avec les LFSS, est en train de créer une pénurie d'offre hospitalière publique qui profite au privé. Or, la politique tarifaire du secteur libéral est un obstacle majeur, parfois infranchissable, pour l‘accès aux soins de nombreux français (plus de 40% selon les enquêtes récentes)
Votre responsabilité aujourd'hui est immense. De votre décision de renvoyer (ou non) le débat devant l'assemblée Nationale, puis de la discussion et du vote qui s'ensuivront, dépend le sort de milliers, voire de millions, de personnes, de familles. Des femmes, des hommes, des enfants, qui subissent aujourd'hui, et subiront encore plus demain une double, triple, quadruple peine. Car la maladie c'est aussi la souffrance, souvent la dégringolade sociale, et ne pas pouvoir se soigner pour des raisons financières, géographiques, ou de délai d'attente, est parfois mortel. Et cela, c'est tout simplement inadmissible, moralement, en France en 2009.
Nous vous demandons d'exiger le retrait de la loi Bachelot, mais également le gel de toute la politique sanitaire actuelle, ainsi que la tenue d'Etats généraux de la santé décentralisés, afin de définir une nouvelle politique de santé publique à partir des besoins des citoyens.
Dans l'attente d'une réponse, ainsi que d'une rencontre rapide afin de vous apporter de nombreux éléments et exemples concrets, nous vous prions d'agréer l'expression de nos salutations respectueuses.
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