| texte commun envoyé aux parlementaires | |
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Mesdames et messieurs les parlementaires, membres de la commission mixte paritaire, Le projet de loi "Hôpital, Patients, Santé, Territoires" vient d'être voté par le Sénat. Dans le cadre de la procédure d'urgence décidée par le gouvernement, elle est maintenant soumise à la commission mixte paritaire qui doit examiner conjointement les deux textes approuvés respectivement par les députés et les sénateurs. Nous, membres des organisations syndicales, collectifs et associations soussignées, tous acteurs de premier rang de la santé et de la protection sociale en France entant que praticiens, organisateurs ou financeurs des soins, usagers ou patients, nous vous interpellons sur les points suivants:1) sur la forme: Nous estimons que la procédure d'urgence est une méthode inacceptable vue l'importance considérable d'une telle loi tant pour les usagers que pour les patients. Nous estimons que cette loi doit être débattue par la représentation nationale avec tout le temps d'examen nécessaire.2) sur le fond: De plus, en raison des nombreux amendements votés par les sénateurs modifiant considérablement le texte adopté par les députés la procédure d'urgence devient inconstitutionnelle. Le gouvernement lui-même a soumis aux votes certains amendements sans que les députés n'aient pu se prononcer sur ces modifications. Les deux textes étant donc divergents, nous demandons la levée de la procédure d'urgence et une deuxième lecture devant l'Assemblée Nationale afin que la démocratie parlementaire soit respectée dans ce pays.Nous sommes opposés au projet de loi HPST dans ses tenants et ses aboutissants, et nous en demandons le retrait total. Vous trouverez ci-joint les argumentaires développés par nos différentes organisations, chacune dans leurs domaines de compétences respectifs.
Nous sollicitons enfin une rencontre des membres de la commission mixte paritaire, afin de développer plus avant nos arguments appuyant notre demande du retrait du projet de loi. Signatures
CGT DDASS DRASS SUD Travail Affaires Sociales CGT Ministère de la santé - administration centrale - Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux de proximité Collectif national contre les franchises, pour l'accès aux soins partout et pour tous et pour une sécurité sociale solidaire Ensemble pour une santé solidaire MP4 champ social Appel des appels APAJH 91 PCF La nuit sécuritaire ADPEP 91 ENTRAIDE Universitaire ATPA ANPEA ADAPEI 91
ensemble pour une santé solidaire 17 allée résidence du bois pommier 91390 MORSANG SUR ORGE 06 89 18 01 77 www.ensemblepourunesantesolidaire.fr
ENSEMBLE POUR UNE SANTE SOLIDAIRE
A Mesdames et messieurs les parlementaires, membres de la commission paritaire,
Vous allez être amenés à prendre, dans les jours prochains, une décision qui sera lourde de conséquences. A l'heure où les Etats-Unis tirent les conséquences du lourd et douloureux bilan d'une politique sanitaire d'un tel type (plus de 100 000 morts par an faute de soins, un foyer en faillite personnelle toutes les 6 minutes suite à des dettes contractées pour financer des soins, le système le plus cher au monde... pour une efficacité médicale parmi les moins bonnes...) nul ne peut aujourd'hui ignorer ce qui se passe en France, et quelles en seront les conséquences.
Il apparait clairement, aujourd'hui, que ce qui se joue est le glissement insidieux vers un système de santé majoritairement privatisé, avec une prise en charge individuelle des risques maladie et dépendance. C'est très grave.
Après les forfaits et franchises, après les déremboursements et dépassements de plus en plus nombreux et importants non pris en charge, (sans parler de la fermeture des permanences et de la baisse de moyens alloués aux CPAM)... et aujourd'hui de nouveau le projet de transférer aux complémentaires santé la prise en charge des ALD, c'est la fin de la sécurité sociale solidaire qui est annoncée.
En ce qui concerne l'hôpital, la loi Bachelot, couplée avec le plan hôpital 2012, et conjuguée avec les LFSS, est en train de créer une pénurie d'offre hospitalière publique qui profite au privé. Or, la politique tarifaire du secteur libéral est un obstacle majeur, parfois infranchissable, pour l‘accès aux soins de nombreux français (plus de 40% selon les enquêtes récentes)
Votre responsabilité aujourd'hui est immense. De votre décision de renvoyer (ou non) le débat devant l'assemblée Nationale, puis de la discussion et du vote qui s'ensuivront, dépend le sort de milliers, voire de millions, de personnes, de familles. Des femmes, des hommes, des enfants, qui subissent aujourd'hui, et subiront encore plus demain une double, triple, quadruple peine. Car la maladie c'est aussi la souffrance, souvent la dégringolade sociale, et ne pas pouvoir se soigner pour des raisons financières, géographiques, ou de délai d'attente, est parfois mortel. Et cela, c'est tout simplement inadmissible, moralement, en France en 2009.
Nous vous demandons d'exiger le retrait de la loi Bachelot, mais également le gel de toute la politique sanitaire actuelle, ainsi que la tenue d'Etats généraux de la santé décentralisés, afin de définir une nouvelle politique de santé publique à partir des besoins des citoyens.
Dans l'attente d'une réponse, ainsi que d'une rencontre rapide afin de vous apporter de nombreux éléments et exemples concrets, nous vous prions d'agréer l'expression de nos salutations respectueuses.
UNION NATIONALE CGT DES AFFAIRES SOCIALES Syndicat National des Affaires Sanitaires et Sociales Syndicat CGT des ministères des affaires sociales et du travail - administration centrale
Analyse CGT ministère de la santé du point central de la Loi HPST, la création des ARS.
- Mme Bachelot a cédé face à la résistance des médecins libéraux qui défendent leurs prérogatives (secteur II, liberté d'installation), ce qui renforce encore la dimension libérale de ce projet au détriment de l'accès aux soins des usagers. - Le Président de la République a annoncé (cf article de "Le Monde" du 24 avril 2009) que la gouvernance des hôpitaux va être revue et corrigée et le texte du projet de loi réécrit afin de rééquilibrer les pouvoirs au sein des hôpitaux, trop favorable eux directeurs d'hôpitaux.
Le projet voté par les sénateurs a fortement modifié celui voté par les députés : le texte final est donc extrêmement divergent de celui rédigé initialement, tant dans l'esprit que dans la lettre.
Toutefois, un point central n'est pas à ce jour remis en cause, tel que le projet déposé sur le bureau du sénat l'atteste: il s'agit de celui de la main mise forte de la "super préfecture" que constituera l'ARS sur le secteur sanitaire et médico social:
Le titre IV du projet de Loi qui institue les ARS est capital à cet égard dans l'esprit du législateur: il institue en effet un outil technocratique puissant qui s'écarte fondamentalement du rôle joué jusqu'à présent par les DRASS, les DDASS, les organismes de sécurité sociale.
Malgré tous ces défauts, c'est la logique de service public, fondée sur la régulation et la planification des équipements sanitaires et médico-sociaux sur le territoire qui prévalait dans les DRASS et DDASS. Avec l'ARS, cette logique disparaît au profit d'une gestion strictement comptable du système de soins au sens large, dans une logique de rationnement des soins: · Citons en effet les modifications apportées au code de la santé publique par la loi HPST afin de donner au directeur général d'ARS les pleins pouvoirs réglementaires pour restructurer les établissements, les forcer à coopérer et les redresser financièrement : - Le directeur général de l'ARS pourra solliciter la conclusion de convention de coopération, la création de communauté hospitalière de territoire, d'un groupement de coopération sanitaire ou d'un groupement d'intérêt public ou de prendre une délibération tendant à la création d'un nouvel établissement public de santé par fusion des établissements concernés. En cas de non suivi de ses demandes, il pourra prendre des sanctions, notamment une diminution des dotations de financement mentionnées à l'article L. 162-22-13 du code de la sécurité sociale, ou bien un arrêté prononçant la fusion des établissements publics de santé concernés; si une convention de coopération n'est pas conclue. Il pourra également prendre un arrêté prononçant la création d'une communauté hospitalière de territoire et fixant le contenu de sa convention constitutive. Le secteur privé pourra ainsi prendre le contrôle d'un territoire, par disparition d'un établissement public, sans que rien ne prémunisse la population sur les conséquences d'un désengagement éventuel d'un établissement privé jugeant ensuite l'activité non rentable - Le directeur général de l'agence régionale de santé pourra demander à un établissement concerné par une opération de restructuration la suppression d'emplois et la révision de son contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens. Il réduira en conséquence le montant de sa dotation de financement des missions d'intérêt général et d'aide à la contractualisation mentionnée à l'article L. 162-22-14 du code de la sécurité sociale ou des crédits de sa dotation annuelle de financement mentionnée à l'article L. 174-1 du même code. - Le directeur général de l'agence régionale de santé pourra demander à un établissement public de santé de présenter un plan de redressement lorsqu'il estime que la situation financière de l'établissement l'exige ou lorsque l'établissement présente une situation de déséquilibre financier répondant à des critères définis par décret. L'Art. L. 6143-3-1. prévoit également que le directeur général de l'agence régionale de santé place si nécessaire l'établissement public de santé sous administration provisoire. On imagine l'impact d'une telle mesure sur les établissements publics dont 80% environ présentent actuellement un déficit budgétaire. · Citons également les informations circulant dans la presse spécialisée:( référence : déclaration du secrétaire général des ministères sociaux à l'agence de presse médicale en date du 19 mars 2009) - Le directeur général de l'ARS signera un CPOM (contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens) avec chaque établissement et sa rémunération devrait comporter une "part variable" axée sur des objectifs de politique de santé. Le directeur général serait évalué tous les deux ans au cours de la durée de son contrat qui en comporterait quatre.
Ces quelques extraits du projet de loi HPST sont suffisamment explicites et significatifs du fossé résidant entre les services publics actuels DRASS, DDASS, organismes d'assurance maladie chargés de du secteur sanitaire et médico-social et ce que sera l'ARS.
Nous passons d'un système chargé de financer et planifier les établissements et équipements, après analyse des besoins et leur validation en CROSS et CROSMS, (comités régionaux chargés dans les DRASS de l'étude des dossiers présentés par les établissements et services concernés) à un système doté de tous les moyens coercitifs pour démanteler en profondeur le service public de soins dans un objectif de privatisation à outrance de tout ce qui peut l'être, de marchandisation de la santé.
Nous considérons que si le gouvernement, confronté aux mobilisations, décidait de scinder son texte et de faire passer essentiellement le titre IV créant les ARS, il aurait gagné sur l'essentiel de ses objectifs, au détriment des, usagers, personnels hospitaliers, agents des DRASS des DDASS, des organismes de sécurité sociale, et au seul profit des professionnels libéraux et des établissements privés, qui voient préservée la tarification à l'activité (T2A) et les dépassements d'honoraires.
La réécriture de la gouvernance des établissements par le Président de la République n'est qu'une concession de façade qui permet de maintenir l'essentiel de la loi, les pouvoirs autoritaires de l'ARS n'en sont alors que décuplés.
LECTURE FAITE PAR LE SECTEUR MÉDICO-SOCIAL DE LA LOI H.P.S.T. ACTUELLEMENT EXAMINÉE PAR LA COMMISSION PARITAIRE DANS LE CADRE DE LA PROCÉDURE D'URGENCE APJH 91 - ADPEP 91 - ADAPEI 91 - ANPEA - ATPA
Le projet de loi portant « réforme de l'hôpital et relatif aux patients, à la santé et aux territoires », examiné actuellement en procédure d'urgence par le sénat, suscite de vives inquiétudes de la part des représentants des personnes en situation de handicap, de leurs familles, des gestionnaires et, des professionnels des établissements et services médico-sociaux.
Ce vaste projet a pour objectif principal la régulation des dépenses de santé, en particulier celles de l'hôpital. Il intègre également la problématique du secteur médico-social (personnes âgées et personnes en situation de handicap), financé par l'assurance maladie et l'État. Il prévoit notamment de réunir le secteur sanitaire et le secteur médico-social, au sein d'une même entité : les Agences Régionales de Santé (ARS).
Au-delà de notre action de militants bénévoles ou professionnels, nous, administrateurs d'associations militantes et gestionnaires, directeurs d'établissements spécialisés, médecins, enseignants, personnels éducatifs et soignants, tous -et chacun selon notre domaine de compétence- engagés au plus près de la souffrance des personnes en risque ou en situation de handicap et de leurs familles, dans un effort quotidien pour que la vie de chaque enfant, de chaque adolescent, de chaque adulte, témoigne de sa dignité et de sa qualité d'être humain, nous entendons dire ici notre inquiétude, notre révolte, notre détermination à défendre une tradition nationale et républicaine de justice, d'égalité, de solidarité que nous voulons continuer à nommer Mission de Service Public.
Par notre engagement de bénévoles, de professionnels militant dans le secteur médico-social, nous considérons de notre responsabilité de veiller à ce que la loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires » et tout particulièrement les « Agences Régionales de Santé » (A.R.S.) qui en seront le bras armé, ne sacrifient, sous couvert de rationaliser et de moderniser la politique de santé publique, à une politique drastique d'économie.
Ainsi, ces ARS seront les uniques « pilotes » administratifs des hôpitaux, de la médecine de ville et des établissements et services médico-sociaux financés, pour tout ou partie, par l'assurance maladie. Dans le champ du handicap seront principalement concernés :
Nous n'ignorons pas que les Contrats Pluriannuels d'Objectifs et de Moyens, sont l'un des principaux outils de démolition du secteur médico-social. La signature de tels contrats va être imposée alors que beaucoup d'entre nous résistaient depuis plusieurs années. Nous en connaissons déjà les effets prévisibles voire avérés :
Mais aussi et surtout il est essentiel de veiller à ce que : Le respect des Droits de l'Homme et du Citoyen impose à la puissance publique l'obligation morale d'accompagner et de protéger les plus fragiles, les plus démunis de nos concitoyens, Le bon emploi des deniers publics ne serve pas d'alibi à une politique de restriction qui, propositions de réforme après propositions, conduit quasi mécaniquement à la destruction du secteur médico-social qui les accompagne
Mais il convient également de s'interroger sur :
Les objectifs imposés aux associations et les moyens mis à leur disposition.
Depuis quelque temps, on observe, malheureusement, que toute solution semble devoir résider dans un démantèlement progressif du Service Public au nom des lois « naturelles » du marché, intrinsèquement préjudiciables aux plus faibles. Le danger qui menace aujourd'hui les acquis sociaux, non seulement menace aussi les idéaux républicains de liberté, d'égalité de laïcité, de solidarité mais pèse encore de façon particulièrement inquiétante sur la conception du handicap, de sa prévention et de sa prise en charge.
Les soumettre à la tutelle des A.R.S., c'est désavouer l'esprit et la lettre des lois de 2002 et de 2005.
Comment ne pas voir, en effet, que ce regroupement du sanitaire et du médico-social, en effaçant un peu plus d'un demi-siècle d'efforts pour les dissocier, cherche moins à optimiser qu'à réduire les moyens financiers et humains et qu'il ne peut manquer de dénaturer le travail et la qualité de l'accompagnement, tout spécialement en ce qui concerne le handicap.
Nous ne pouvons cautionner une loi qui étrangle financièrement le fonctionnement des établissements médico-sociaux :
Nous ne pouvons cautionner une loi qui dénature le sens du travail auprès des personnes en risque ou en situation de handicap et qui inféode leur accompagnement aux pratiques hospitalières.
Comment ne pas craindre les risques encourus par le secteur médico-social ? Alors même que cette loi propose par ailleurs des solutions de décloisonnement et de simplification de l'organisation sanitaire en France, comment accepter qu'elles soient imposées au secteur médico-social, sans, une fois encore, une concertation préalable suffisante ? Comment comprendre le recours à une procédure d'urgence qui étouffe le débat politique et rend vaine la procédure démocratique des amendements ? Comment ne pas redouter l'orientation future des décrets d'application ? La disparition annoncée des Comités Régionaux d'Organisation Sociale et Médico Sociale (CROSMS) au profit de Commissions Consultatives d'appel à projet, gérées directement par l'autorité publique concernée, selon le cas l'ARS et/ou les Conseils Généraux, va dans le sens d'une autorité publique déterminant entièrement seule la réponse aux besoins par la technique des « appels d'offre ». La suppression des CROSMS, aboutit à la disparition du seul organisme consultatif régional ayant une vision globale de l'ensemble des dispositifs sociaux et médico-sociaux et qui, de surcroît, de par sa composition plurielle, n'était pas confondu avec l'autorité publique en charge d'autoriser et de financer. Certes la « Commission de sélection consultative d'appel à projet » est ouverte aux « organismes privés à but non lucratif ou lucratif ». Toutefois, au niveau de la Région, nous ne sommes nullement assurés d'une représentation correcte des associations du secteur dites « historiques » comme c'est encore le cas aujourd'hui dans les CROSMS. En amont de la Commission d'appel à projet : subsistera-t-il, à l'avenir, la possibilité pour un promoteur de projet de solliciter une autorisation pour un projet qui n'aurait pas été formellement inscrit dans « l'appel à projet ». En clair, s'agira-t-il d'un appel à projet ouvert ou d'un appel d'offre fermé ? L'évolution à laquelle nous assistons n'est pas seulement affaire de techniques gestionnaires pour réduire les coûts. Elle est, plus profondément, une transformation de la société, dans la totalité de ce qui la compose, dans ses structures comme dans les mentalités ; société qui choisit délibérément ceux qu'elle entend servir et ceux qu'elle peut bien laisser pour compte. Les prémices aujourd'hui présentées ne nous laissent que peu d'espérance quant à ce qui se prépare. Vous allez prendre la décision d'examiner en urgence la loi HPST. Cette loi nécessite pour le moins un temps de dialogue supplémentaire avec les parlementaires de l'Assemblée Nationale. Nous vous demandons donc de renoncer à la procédure d'urgence, afin de mieux connaître les vrais besoins de ceux qui n'ont pas la parole pour le faire eux-mêmes et de n'adhérer qu'aux solutions qui nous paraissent les plus attentives au bien-être de ceux qui ont le moins reçu de la vie.
COORDINATION NATIONALE des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité (fondée à SAINT-AFFRIQUE en 2004) Siège social : 1 rue Jean Moulin 70200-LURESIREN : 503 711 988 - SIRET : 503 711 988 00017 Association agréée - Arrêté du 14/08/2008 - N2008AG0003 Site : http://www.coordination-nationale.org
La Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité fédère et initie depuis des années des mobilisations contre les effets néfastes des politiques de santé successives qui mettent à mal l'accès aux soins et les notions d'égalité et de solidarité. Ces politiques ne sont pas acceptées par les populations, comme en témoignent les milliers de personnes qui ont manifesté partout en France, notamment sous les banderoles de la Coordination et des Comités locaux. Partout nous nous élevons avec force contre toutes les suppressions d'emplois, de lits, de services et de sites !!! A l'aube de sa présentation au Sénat, des membres importants de la communauté hospitalière rejoignent la convergence formée par des associations d'usagers et de défense du service public, des organisations syndicales des personnels, des syndicats médicaux, et des mouvements politiques pour dénoncer la loi Bachelot "destructrice et injuste". A cette occasion, la Coordination Nationale rappelle avec force ses objectifs de défense, de développement et de promotion de l'hôpital public et dénonce la dérive "mercantile" "dont les premières victimes sont les patients et les soignants" qui sous-tend ce projet.
La loi Bachelot est dommageable pour l'accès à une santé de qualité pour toutes et tous et partout sur le territoire. Elle organise le démantèlement de l'hôpital public et tourne le dos à un aménagement équitable du territoire. La loi Bachelot est une insulte à la démocratie. Elle ne tire aucun bilan des restructurations passées, enlève toute possibilité d'expression aux professionnels de santé, aux usagers et aux élus directement concernés par son application. Sa mise en oeuvre intervient scandaleusement dans maintes ARH avant même qu'elle ne soit votée. La loi Bachelot fait de l'hôpital une entreprise et de la santé une marchandise. Elle fait passer des considérations économiques et la rentabilité financière avant les impératifs de santé. Elle impose une tarification des actes, identique à celle du secteur privé, ce dernier est ainsi libre de choisir les activités les plus rentables, alors que le secteur public est contraint d'exercer les missions de service public. Elle permettra de transférer aux sociétés privées les tâches non médicales (gestion, entretien, constructions, etc.). La loi Bachelot laisse perdurer les inégalités et va accentuer les dérives. Elle n'apporte aucune réponse crédible aux différences territoriales de répartition des médecins, sur les dépassements d'honoraires, les écarts de rémunération, une vraie politique de prévention, de renforcement nécessaire de la médecine du travail et de la médecine scolaire... La loi Bachelot renforce le centralisme et l'autoritarisme et ouvre la porte à l'arbitraire. Elle exclut tous les contre-pouvoirs. Tout sera décidé par le ministère, et mis en oeuvre par des Agences Régionales de Santé et des directeurs d'hôpitaux aux ordres du Ministère et dotés de tous les pouvoirs. La loi Bachelot instaure une arme de destruction massive des hôpitaux. Elle institue les communautés hospitalières de territoire dont les attributions sont mal définies, mais dont le directeur pourra décider de la répartition des services et des équipements lourds sur le territoire qui lui sera confié; cela permettra de fermer les services et hôpitaux de proximité qui existent encore; elle confie le pouvoir de les mettre en place aux directeurs des ARS Pour les 200 comités fédérés par la Coordination, ce projet n'est pas amendableIL FAUT UN RETRAIT PUR ET SIMPLE DU PROJET DE LOI BACHELOT-SARKOZY suivi, comme la Coordination le demande depuis 2008, « d'États Généraux de l'hôpital public » et de l'accès aux soins ouverts aux personnels, aux usagers, aux élus... Lure 01/05/2009
A Mesdames et messieurs les parlementaires, membres de la commission paritaire,
La loi Hopital, Patients, Santé, Territoires a été adoptée par les deux assemblées, dans des termes différents. Les personnels des DRASS et DDASS que nous représentons souhaitent appeler votre attention sur l'ampleur de cette réforme, et ses conséquences. En premier lieu, nous rappelons l'attachement de tous les salariés, publics ou privés, à la gestion de la sécurité sociale, à travers l'administration des organismes de sécurité sociale, locaux, régionaux, nationaux. Or la loi qui a été votée en urgence à l'assemblée nationale, sonne la fin de ce statut : désormais les responsabilités des caisses, en matière gestion de dépenses de santé mais aussi de prévention, exercées notamment avec l'aval des conseils d'administration sont annexées par l'ARS. Cette gestion de l'assurance maladie s'exercera directement par l'autorité du directeur général de l'ARS sur les agents des organismes de sécurité sociale qui seront affectés dans ses services, mais aussi à l'endroit des caisses qui devront intégrer dans leur gestion les objectifs du programme régional de gestion du risque. En second lieu, les pouvoirs de l'Agence s'étendent sur tous les dispositifs médicaux sociaux, dont la responsabilité est partagée entre l'Etat et les collectivités territoriales : or la conception qui préside à cette globalisation, l'activité médico-sociale étant un prolongement -à moindre coût- de certaines activités sanitaires, considérées comme non rentables au regard de la logique de tarification actuellement en vigueur, sera naturellement initiée et fortement impulsée par l'Agence, la collectivité territoriale devant suivre. En troisième lieu, les personnels appelés à rejoindre cette agence, personnels des organismes de sécurité sociale -de droit privé- et personnels des services extérieurs des ministère de la santé et des affaires sociales, fonctionnaires de l'Etat, ne relèveront plus que d'une seule autorité locale, le Directeur général de l'Agence Régionale : les assurances sur le maintien des liens avec leur employeur d'origine, ne manqueront pas de se distendre : ni la gestion des ressources humaines, ni les modalités de rémunérations ne seront harmonisées au plan national, et il ne restera plus que les recours précontentieux ou contentieux pour mettre fin à des situations conflictuelles.
Ainsi, la création d'une entité régionale, absorbant la totalité des responsabilités et des moyens de financement, si elle est confirmée dans son existence et son périmètre ne manquera pas de précipiter les évolutions actuelles qui font que les soins de qualité seront de moins en moins accessibles également à tous, nonobstant quelques dispositions pour résorber les déserts médicaux.
Les enjeux des dispositifs de ce projet de loi gouvernemental sont graves : votre position au sein de la commission mixte paritaire sera déterminante. C'est pour cela que nous nous sommes permis de souligner quelques points et de témoigner aussi des sentiments des personnels que nous représentons et dont une grande partie sera appelée à travailler au sein de ces agences.
Veuillez agréer, Mesdames et messieurs les parlementaires, nos salutations très distinguées. |
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