Trou de la Sécu: le gouvernement tranchera
Jeudi 3 juillet, 21h06
PARIS (AFP) - Le gouvernement devra trancher sur le plan du directeur de l'assurance maladie, Frédéric van Roekeghem, visant à réduire le déficit prévu en 2009 de trois milliards d'euros, qui a été été examiné jeudi par les partenaires sociaux.Une majorité de membres du Conseil de la Caisse nationale d'assurance maladie,
Une semaine plus tôt, ce même Conseil avait rejeté à l'unanimité les propositions de M. van Roekeghem prévoyant une réduction du remboursement de médicaments traitant les effets secondaires des affections de longue durée (ALD, cancer, diabète ou VIH).
Bien que cette instance de la Cnam ait essentiellement un rôle consultatif, et que l'éventuelle application de ce plan dépende du gouvernement, M. van Roekeghem avait retiré ses propositions sur les ALD, vivement critiquées aussi par des syndicats de médecins libéraux ou des partis de gauche.
Pour réaliser des économies, le plan sur lequel le gouvernement sera appelé à trancher, prévoit notamment une baisse de prix de certains médicaments génériques et de certains actes de radiologie ou d'analyses médicales et une moindre prescription de médicaments plus récents et plus chers n'apportant pas forcément de bénéfice supplémentaire aux patients.
Il préconise aussi des économies sur les prescriptions de transport sanitaires ou d'arrêts maladies et le "développement de la productivité" dans les hôpitaux.
Le directeur de l'assurance maladie voudrait aussi inciter les médecins à réduire les dépenses par le biais de contrats individuels avec l'assurance maladie. Cette mesure est critiquée par des syndicats de praticiens qui craignent une incitation à "faire des économies sur le dos de leurs patients".
D'autre part, le plan juge nécessaire plus d'un milliard de recettes supplémentaires. La transformation prévue de 30 milliards de déficits accumulés en "dette sociale" permettrait à l'assurance maladie de cesser d'en payer les intérêts, estimés à 400 millions d'euros. A charge pour l'Etat de trouver 700 millions de nouvelles recettes.
Ce volet recettes, jugé insuffisant par plusieurs syndicats de salariés et associations de malades, explique en partie leur manque d'adhésion au plan d'économie.
"Je veux bien qu'on fasse un plan, mais à partir du moment où, sur les recettes, on ne prévoit pratiquement pas de nouvelles taxes (...) ça reste un peu flou", a déclaré à l'AFP le représentant de la Fnath (handicapés, accidentés du travail) au Conseil, Philippe Karim Felissi.
Pour Gérard Raymond, du Ciss (associations de malades), il faudrait "élargir l'assiette de financement à des revenus autres que ceux du travail" dont les stock-options "dans le cadre, évidemment, d'une gestion transparente et rigoureuse".
"Il faudrait que les politiques prennent leur courage à deux mains et expliquent bien cela (...) au lieu de continuer à vouloir culpabiliser les gens qui sont malades", a-t-il précisé à l'AFP.
Le 24 juin, deux jours avant le retrait du volet ALD par M. van Roekeghem, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, avait indiqué que le gouvernement pourrait trancher "vers le 15 juillet", une échéance que le ministère n'était pas en mesure de confirmer jeudi soir.
dont ceux représentant le Medef, la CGPME, la Mutualité française (mutuelles) et des associations de malades, consultés jeudi, ont préféré ne pas se prononcer sur ce plan prévoyant un "effort supplémentaire" de près de trois milliards d'euros (deux milliards d'économies et un milliard de nouvelles recettes).