Collectif national Les Malades Solidaires
Vivre ensemble dans la dignité
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C'est en 2005 que Houari Djebbar est arrivé en France tout à fait légalement.
Houari a été victime en Algérie, pays dont il est ressortissant, d'un épouvantable accident du travail : électrocution sur un chantier de construction par un câble à haut voltage.
Brûlures, coma...
Des accords passés rapidement entre les deux états lorsqu' il a eu repris connaissance et un peu de force lui ont permis d' arriver rapidement sur le territoire français.
Dans l' espoir de bénéficier d' opérations et soins particuliers pour tenter de sauver son second bras.
Pour le premier, il était trop tard et c' est donc mutilé, amputé d' un bras qu' il est arrivé en France.
En Europe, les deux praticiens reconnus pour leurs compétences, dans ce domaine si particulier et ce type de pathologie, se trouvent à Paris.
A l'hôpital Rostchild exactement.
C'est donc là que Houari a été pris en charge et opéré rapidement.
Oh, pas une ou deux opérations, non, pas moins d'une dizaine si ma mémoire est bonne .
D'autres sont encore à venir.
Mais les résultats sont là : Houari ne sera pas amputé de son second bras.
Il a retrouvé un semblant de sensibilité de ses doigts.
Il ne peut pas encore les bouger normalement.
Mais avec les prothèses qu'il porte et doit changer régulièrement tous les deux mois selon les indications des spécialistes, il a bon espoir après les autres interventions qui l'attendent de retrouver l'usage complet de son bras et de sa main.
Quant à son amputation, son moignon de bras est appareillé et Houari semble bien supporter sa prothèse .
Mais au fait, je ne vous ai pas présenté Houari.
Houari a 24 ans .
Il est grand. Un jeune homme plutôt beau garçon, à la chevelure noire et bouclée .
Des yeux sombres, un teint doré et un sourire timide et triste complètent le tableau.
Avoir un bras en moins en Algérie est une situation peu enviable.
Perdre les deux, c'est perdre toute capacité à vivre normalement, à s'assumer, fonder une famille, vivre normalement tout simplement.
En janvier dernier, le préfet du loiret a refusé de proroger son titre de séjour pour raisons de santé.
Pourtant le dossier médical dont il dispose plaide largement en sa faveur.
Les deux chirurgiens spécialistes qui le suivent ont détaillé sa pathologie, les soins qui lui restaient à recevoir, les opérations chirurgicales encore à subir.
La semaine dernière , Houari est allé à la sous-préfecture d'Orléans pour y retirer le formulaire nécessaire au dépôt d'un nouveau dossier médical après le rejet de son recours au tribunal administratif.
Malgré nos conseils, il y est allé seul, sans même nous prévenir pour qu'au moins l'un(e) d'entre nous l'accompagne. Ne pas vouloir déranger et se débrouiller.
Mais, ce que nous redoutions est arrivé.
Il a attendu quelques instants, le temps nécessaire pour que la diligente et compétente fonctionnaire qui l'a reçu prévienne le commissariat de police qu'un "dangereux individu" (un sans-papier, handicapé de surcroît !) était dans leurs murs.
C'est donc étroitement surveillé et escorté de plusieurs policiers qu'il a été conduit au plus proche centre de rétention : Cercottes et y a passer cinq jours !!!!
Houari n'a pas pu se nourrir.
Il est incapable de couper ses aliments, ni même de les porter à sa bouche avec une cuillère.
Il se nourrit d'aliments mixés à l'aide d'une paille, ou bien il faut le faire manger .
Lundi 21 juillet , Houari a été libéré suite à la décision du tribunal administratif . Ce jugement en appel ne suspend pas l'Obligation de Quitter le Territoire Francais ( OQTF ) dont Houari fait l'objet .
Houari doit se faire de nouveau opérer pour son deuxiéme bras dans une quinzaine de jours .
Nous sollicitons l'aide , le soutien et la mobilisation de Tous pour que cette histoire ne finisse point en tragédie .
Nous devons créer un comité de soutien afin que cette triste et scandaleuse histoire ne se reproduise plus .
Source :le Nouvelobs 21.07
Un article de loi prévu à l'automne au Parlement prévoit une dérèglementation qui aboutirait à confier certaines tâches non plus à des infirmières mais à des personnes "moins qualifiées, moins formées et moins payées", posant des problèmes de qualité et de sécurité des soins
Une éventuelle réglementation prévue par un article présenté à l'automne au Parlement, a provoqué l'inquiétude d'une intersyndicale infirmière, lundi 21 juillet. L'article aboutirait à confier certaines tâches de cette profession à des personnes "moins qualifiées, moins formées et moins payées", posant des problèmes de qualité et de sécurité des soins.
Lors d'une conférence de presse, les organisations syndicales d'infirmières des secteurs public et libéral (CFDT, CFTC, CNI, Convergence, FNI, FO, Onsil, Snics-FSU, SNPI-CGC, Sud, Unsa, Ufmict-CGT) ont exprimé leur refus de voir modifiée par arrêté la liste des actes infirmiers, comme le prévoit un article qui pourrait figurer dans le projet de loi "Patients, santé, territoire" prévu à l'automne au Parlement.
Une remise en cause de la "sécurité des soins"
Dans un contexte de réduction des dépenses et de pénurie professionnelle (50% des 500.000 infirmières partiront en retraite d'ici 2012), l'intersyndicale, qui critique le "manque de concertation" du gouvernement, demande le retrait de cet article du projet de loi et l'ouverture de négociations.
"Une telle dérèglementation va poser souci au niveau de la qualité et surtout de la sécurité des soins. On ne peut pas répondre à la pénurie par la déqualification", a prévenu le président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI), Philippe Tisserand.
Contrairement aux aide-soignantes ou aux auxiliaires de vie, l'infirmière a "toute compétence pour détecter des erreurs de prescription", selon la FNI.
"Moins qualifiées, moins formées"
Craignant de voir des missions (soins de toilette, distribution de médicaments, etc.) confiées à des personnes "moins qualifiées, moins formées et moins payées", les infirmières veulent obtenir la reconnaissance de toute la profession au niveau Bac+3 et l'affirmation de la "place centrale de l'infirmière au coeur du système de santé publique".
"Le gouvernement doit s'occuper de la valorisation de nos métiers de toute urgence, et cela passe aussi par les salaires", ont déclaré les syndicats.
Une grève pour septembre
Or, "le chantier est ouvert pour créer des métiers moins qualifiés que celui d'infirmières", notamment dans les métiers du grand âge, craint Dominique Lahbib, secrétaire générale de l'Ufmict-CGT.
En contrepartie, "on nous dit "on va vous confier de nouvelles missions", mais quand, comment ?", s'interroge Philippe Tisserand. Pour lui, malgré des expérimentations de transfert de tâches entre médecins et infirmières, "le corps médical ne nous délègue rien du tout".
Les syndicats envisagent une mobilisation, voire une grève, pour septembre.
La ministre de la santé, Roselyne Bachelot, s'est déclarée, mercredi 16 juillet sur LCI, favorable à une augmentation d'un euro du tarif de la consultation généraliste, qui pourrait ainsi passer de 22 à 23 euros, mais à deux conditions."Oui à une augmentation à 23 euros, mais avec des engagements de maîtrise médicalisée [des dépenses] et de bonnes prescriptions", a expliqué Roselyne Bachelot. "LE COMPTE N'Y EST PAS" Par ailleurs, Roselyne Bachelot a rappelé qu'elle présenterait "vers la fin du mois de juillet" avec le ministre du budget, Eric Woerth, des mesures pour limiter "le déficit important" de l'assurance- Mais, la ministre s'est voulue rassurante : les économies doivent être réalisées "sans toucher au mode de remboursement à 100 % des malades atteints d'affections de longue durée", faisant référence à une proposition du directeur de l'assurance- Roselyne Bachelot a évoqué une autre piste de financement en jugeant "très intéressant" le "matelas" que les mutuelles se sont "constitué" ces dernières années. "Leurs bénéfices ont considérablement augmenté pour atteindre 27 % de leur chiffre d'affaires courant, alors nous sommes en train de réfléchir avec l'ensemble des acteurs sur un panel d'économies que nous pourrions faire", a déclaré la ministre.
Vers une santé « marchandise » ?
Secteur d’avenir, le système de santé français suscite encore et toujours les appétits financiers, et la Commission Européenne donne raison aux investisseurs privés, tandis que l’ordre des médecins et les quatre principaux syndicats de praticiens se mobilisent pour éviter une « marchandisation » de la santé. Le point sur une situation explosive… A l’origine Selon la loi française, les sociétés de professionnels libéraux (ou sociétés d’exercice libéral) doivent aujourd’hui être possédées en majorité (75 à 100 %) par ces professionnels, afin de préserver leur indépendance. Il s’agit de pharmaciens, médecins, masseurs-kinésithérapeutes, sages-femmes et dentistes essentiellement.
Cependant, la commission européenne souhaiterait modifier l’actionnariat des sociétés d’exercice libéral déclenchant des réactions de défense des professionnels libéraux dont les pharmaciens dans les médias. Le projet de la Commission Européenne Avril 2006 : suite à la plainte d’un groupe financier, la commission européenne a mis en demeure le gouvernement français en avril 2006 sur l’incompatibilité de la loi française relative aux SEL (sociétés d’exercice libéral) avec la liberté d’établissement prévue par les traités européens. Octobre 2007 : le même groupe financier porte plainte contre l’Ordre des pharmaciens et l’État français pour violation du droit communautaire de la concurrence dans le domaine de la biologie. La Commission européenne, considérant la santé comme un « service », saute sur l’occasion pour que, par le biais des SEL, tout le secteur s’ouvre à la concurrence comme les autres services, bien que la spécificité du secteur ait été jusque-là reconnue par les traités et les directives. A une époque où l’on cherche à faire baisser les prix par la concurrence, pourquoi ne pas s’attaquer aux marges somme toute encore très confortables de certains professionnels de santé libéraux ? Peut-on envisager des chaînes de "hard-discount" de pharmacie ou de soins dentaires ? La commission voudrait donc ouvrir le capital des SEL à n’importe quel investisseur et sans limitation. Si au départ seuls les laboratoires d’analyses organisés en sociétés d’exercice libéral, avaient réagi, les autres professions de santé ont compris que l’affaire les concernerait aussi à court terme. En effet, selon le président du principal syndicat de médecins libéraux, la CSMF, Michel Chassang, les projets de la Commission ne sont qu’un début : "On va commencer par les labos et les pharmacies, puis aller vers les centres de radiologie ou les centres de réadaptation et, progressivement, vers les cabinets médicaux de groupe". La riposte massive des syndicats de professionnels libéraux Dans un communiqué commun de l’ordre des médecins et les quatre principaux syndicats de praticiens (du jamais vu), les professionnels de la santé demandent "au gouvernement et au Parlement de maintenir la réglementation qui, jusqu’à présent, a garanti la qualité des soins et l’indépendance professionnelle". "La santé ne doit pas devenir une marchandise livrée aux spéculations financières avec des processus de concentration et une recherche de rentabilité immédiate", mettent-ils en garde. Les libéraux estiment en effet qu’il y a un danger évident pour l’éthique de la santé si le détenteur du pouvoir au sein d’une structure de soins a pour objectif premier de maximiser les distributions de dividendes et s’il dispose des moyens pratiques d’imposer cette orientation. Dans certains secteurs où c’est déjà le cas comme le secteur hospitalier privé qui fait l’objet d’investissement croissant de fonds de pensions, la Commission Larcher a constaté que les praticiens subissent des pressions afin de respecter les objectifs qui leur étaient assignés par les propriétaires financiers. "Certaines cliniques exigent, par exemple, qu’on pose une prothèse de hanche meilleur marché, même si ce matériel n’est pas le meilleur" déclare Michel Chassang, le président du principal syndicat de médecins libéraux, la CSMF. Les risques mis en avant Les Conseils nationaux des Ordres des médecins, des pharmaciens, des chirurgiens-dentistes, des masseurs-kinésithérapeutes et des sages-femmes dénoncent le projet de la constitution européenne, en mettant en avant ces risques : - La création de groupes dominants, au poids démesuré face aux autorités de santé et de protection sociale, - Le détournement d’une partie des ressources de l’assurance maladie au profit d’investisseurs extérieurs (fonds de pensions étrangers ou internationaux, fonds souverains…), soucieux uniquement de maximiser leurs dividendes, - Des ingérences inévitables de ces propriétaires dans l’organisation et la dispensation des soins, en vue de réaliser leurs objectifs de rentabilité financière, - La disparition progressive de l’exercice libéral des professions de santé, en faveur d’un exercice uniquement salarié, - Le risque d’utilisation des données individuelles de santé par des assureurs ou des banques appartenant aux groupes investisseurs. - Le projet de loi, irait également « complètement à l’encontre de l’aménagement du territoire et de la volonté du gouvernement de maintenir des services de santé de proximité", a-déclaré Michel Chassang, puisque les pharmacies s’installeraient aux seuls lieux les plus rentables, au détriment des zones moins favorisées. Déjà des prétendants « Si à ce jour, le contentieux européen s’attache particulièrement aux S.E.L. de Laboratoires d’Analyses de Biologie Médicale nul doute que cet exemple fera jurisprudence au niveau européen. Il apparaît clair, que demain, au nom du concept de libre concurrence n’importe quel groupe financier pourra exiger détenir le capital de telle ou telle profession de santé. » Le ministère de la Santé se contente de déclarer que la France a demandé un délai supplémentaire pour « finaliser avec les professionnels la réforme en cours », qui ne concerne « que les laboratoires », elle a « pris l’engagement de répondre aux griefs de la Commission en adoptant une loi d’ici fin 2008- début 2009 », et elle a défendu auprès de la Commission sa limitation à 25% de l’ouverture du capital des laboratoires aux non-professionnels, « dans l’intérêt de la santé publique ». Aujourd’hui, la France, qui compte quelque 23.000 pharmacies implantées un peu partout sur son territoire, interdit qu’un même titulaire puisse posséder plus d’une officine et exige que le propriétaire soit un pharmacien, deux conditions qui empêchent les groupes de distribution de pénétrer sur le marché de la distribution de médicaments. Michel-Edouard Leclerc ne va sans nul doute pas jeter l’éponge quant à son projet d’ouvrir ses propres pharmacies… tandis que de nouveaux prétendants pointent déjà le bout de leur nez. Alliance Boots, groupe pharmaceutique britannique, a déjà fait connaître en début d’année son souhait de pouvoir acheter 1.200 pharmacies en France…
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