LES NEWS DU JOUR


Côme Nestorewsky, membre du CA de la coordination et responsable sur Lisieux, a entamé une grêve de la faim dans le hall de l'hôpital.Le collectif apporte tout son soutien pour cette cause juste .Nous déplorons le mépris , la non écoute de ce gouvernement qui asphyxie l'hôpital public , la sécurité sociale , notre système de santé solidaire , considérant la santé comme une simple marchandise .Eric Taillandier

 

LISIEUX EN LUTTE

Notre santé publique se détériore. Les projets gouvernementaux accentuent la destruction.
Les patients et les personnels souffrent
L'intolérable est atteint et pousse même nos amis dans des solutions radicales
Côme NESTOREWSKI, membre de notre CA et responsable sur Lisieux entame une grève de la faim !!!
Ce CRI DOIT ETRE ENTENDU
NON A LA LOI BACHELOT SARKOZY AUTORITAIRE
OUI A UN VRAI DEBAT DEMOCRATIQUE INTEGRANT USAGERS ET PERSONNELS "
La Coordination Nationale Syndicats cgt -sud- unsa Hôpital de Lisieux

LUNDI - ASSEZ - J1L'hôpital de Lisieux est en déficit ! Arrêtons de crier AU SCANDALE !

Sa situation est plus ou moins semblable à celle de tous les HOPITAUX PUBLICS de toute la France !    Et ce n'est pas un HASARD, c'est bien voulu par toutes les politiques de santé menées depuis des décennies. Cette MORT est PROGRAMMEE, afin que tout le secteur PRIVE puisse gagner de l'argent en récupérant les patients, des 'CLIENTS », comme ils disent.     Depuis qu'on a accolé le mot RENTABILITE à l'hôpital, il n'a fait que se DEGRADER. En restreignant les budgets d'année en année tout en tenant des discours de MODERNISATION, d'ADAPTATION aux nouvelles technologies, on a étranglé le SERVICE PUBLIC de SANTE.    

 A Lisieux, de plan de redressement  en plan de retour à l'équilibre financier, compensés UNIQUEMENT par des pertes d'emploi, cette fois-ci LA COUPE EST PLEINE ; le personnel SOUFFRE de ne plus pouvoir apporter tous les soins dont les malades ont besoin, il souffre d'un total mépris par la DIRECTION ( C'est MOI qui commande, et surtout TAISEZ-VOUS !), il souffre des accusations continuelles du genre « Si vous n'y arrivez pas, c'est que vous êtres mal organisés !)    ASSEZ, cette fois nous en avons assez, aucun dialogue social n'est possible, les représentants du personnel parlent dans le désert, tant et si bien qu'ils ne VEULENT PLUS SIEGER dans les instances. A quoi bon perdre son temps ?    Sur l'autel de la RENTABILITE, plusieurs dizaines d'emplois sont supprimés, plus de promotion professionnelle, et..

PLUS DE CRECHE !    Et par là-dessus arrive LA LOI BACHELOT. A vrai dire, vous n'entendez pas ou peu parler d'elle. Et pourtant, après les SACRIFICES, ce sera LA MISE A MORT des Hôpitaux, dans la liste desquels l'Hôpital de Lisieux sera, on commencera par les CHIRURGIES. Vous n'aurez plus le choix, vous irez OBLIGATOIREMENT dans le PRIVE.    Faut-il dire encore un mot sur le sort de nos PERSONNES AGEES ? Non, c'est A MOURIR ! Et pourtant, LA POPULATION VIEILLIT, à Lisieux, comme ailleurs.   

 ASSEZ ! ASSEZ ! ASSEZ ! Nous commençons aujourd'hui l'occupation du hall et  UNE GREVE DE LA FAIM, pour dire NON à la LOI BACHELOT, NON à cette gestion d'entreprise PRIVEE, NON à ces MANOUVRES destinées à remplir les POCHES des ACTIONNAIRES du PRIVE. Nous voulons retrouver notre DIGNITE.

Pour nous joindre: Adresse mail: chlisieuxenlutte@gmail.com

Vous pouvez faire le tour de l'hôpital: http://www.sudsante-c-h-lisieux.org


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Le Quotidien du Médecin du : 19/02/2009

La loi Bachelot n'a pas encore changé les règles

Les cliniques sont déjà parties à la chasse aux internes!!

L'hospitalisation privée s'est lancée dans une double opération séduction, auprès des doyens et des internes, pour accueillir au plus vite des internes en stage. Une possibilité offerte par le projet de loi Bachelot, en débat au Parlement. Les résistances sont encore assez vives, et les cliniques avancent sur des œufs. Mais elles ne veulent pas perdre de temps.

LES CHU perdront-ils bientôt le monopole de la formation des internes ? La loi Bachelot entend redistribuer les cartes, en autorisant les cliniques à y participer à certaines conditions.

La FHP (Fédération de l'hospitalisation privée) n'a pas attendu le vote du Parlement pour démarcher les internes : elle fait sa pub dès à présent.En dernière page de la revue des internes « AVM », le message s'étale, en grosses lettres : « Internes en médecine, les cliniques se préparent à vous accueillir. Préparez-vous à venir chez nous! ». Un encadré présente les chiffres clés de l'hospitalisation privée, et une note en bas de page invite les internes intéressés par un stage en libéral à contacter la FHP. « C'est une anticipation raisonnable sur l'issue des débats », comment le délégué général de la FHP, Philippe Burnel.

La loi Bachelot (Hôpital, patients, santé, territoires) devrait être votée au printemps. Les députés, la semaine dernière, en ont validé le passage qui permet aux cliniques de remplir des missions de service public. Reste la lecture au Sénat. Sans attendre, la FHP a rencontré la Conférence des doyens mardi, histoire de sonder la profession. L'accueil, de l'avis de Philippe Burnel, a été cordial. Au final, la Conférence des doyens se serait prononcée en faveur de l'accueil des internes par les cliniques privées, mais de manière non unanime. « Des doyens, à titre individuel, nous ont fait savoir qu'il y étaient opposés », expose Philippe Burnel. A l'instar du Pr Patrick Berche (Paris V), « farouchement hostile » à la perspective : « Le service public prend en charge les urgences et la précarité et forme infirmières et médecins avec des objectifs très précis. Le privé en a d'autres, il a une motivation liée au recrutement et sa finalité est de gagner de l'argent ». Le doyen parisien redoute que les établissements privés ne consacrent pas suffisamment de temps à l'enseignement. « J'ai peur qu'on utilise des jeunes avec toute leur dynamique pour des tâches lucratives et pour un salaire faible et que ces jeunes soient recrutés ensuite avec des salaires beaucoup plus intéressants que ceux des chefs de clinique ».

L'objectif de la rencontre de mardi était de bâtir une feuille de route. Les doyens ont posé des conditions, que détaille le délégué de la FHP : « Il faudra qu'une équipe s'engage, et non un médecin seul. Une équipe qui a du temps, et qui fait un travail de qualité. Idéalement, il faudrait que les internes ne soient pas isolés, mais qu'ils soient plusieurs sur un même site ». Les doyens ont déjà fait savoir qu'ils souhaitent le respect d'un certain nombre de gardes fous, et notamment le fait que l'agrément soit donné au responsable d'une spécialité sur un projet précis, pendant une durée déterminée et pour certaines spécialités qui ne peuvent pas être enseignées dans des conditions satisfaisantes dans des hôpitaux publics : chirurgie de la main, proctologie, chirurgie ambulatoire ou du genou...

La FHP et les doyens ont prévu de se revoir en juin, pour un bilan d'étape. D'ici là, les doyens vont recenser les besoins, et la FHP va recenser les cliniques et les équipes médicales intéressées par l'accueil des internes. « Nous avons conscience que les doyens et les coordonnateurs de disciplines en région ont la main, reprend Philippe Burnel. Nous ne doutons pas de l'intérêt des internes pour notre secteur, ni des compétences de nos cliniques. Le plus difficile sera d'obtenir les agréments auprès des patrons de discipline. Après, il faudra que l'offre et la demande concordent. Nous verrons bien ».

DELPHINE CHARDON ET CHRISTOPHE GATTUSO

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Le mouvement « Ensemble pour une santé solidaire » poursuit inlassablement son combat contre les franchises médicales. Demandant depuis plusieurs mois déjà une entrevue avec la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, les représentants du mouvement ont finalement obtenu un entretien mercredi 4 février, au ministère de la Santé et des Sports, avec le chef de service de la direction de la sécurité sociale, M. Habert, la sous-directrice Mme Daudé et le chef de bureau de l’accès aux soins, M. Tassard.

Lors de cette rencontre, la délégation représentant les personnes handicapées et retraitées, les usagers et le mouvement mutualiste en la personne du vice-président de la Mutuelle familiale du Loiret, Daniel Thouvenin, a tenu à témoigner de la réalité sur le terrain de l’application des franchises médicales, des déremboursements de nombreux médicaments et des dépassements d’honoraires.
« De plus en plus de Français sont aujourd’hui confrontés à de graves problèmes d’accès aux soins, dénonce Bruno-Pascal Chevalier, porte-parole du mouvement. En 2008, 40 % d’entre eux ont même été contraints de reculer l’accès à des soins nécessaires, voire d’y renoncer complètement ».

« On parle de plus en plus de la santé comme d’une marchandise, s’indigne Daniel Thouvenin. Certains chirurgiens font même du chantage aux patients en leur disant "si vous ne payez pas, je n’opère pas !" ».
Eric Taillandier, porte parole pour la région Centre du mouvement et atteint d’une maladie orpheline explique pour sa part qu’il vient de déposer un dossier de surendettement en raison des frais de soins médicaux qu’il ne peut plus payer.

Peu convaincus par les propos faussement rassurants de M. Habert, affirmant que « le modèle américain n’était ni la base ni l’objectif actuel du gouvernement », le mouvement Ensemble pour une santé solidaire ne compte pas en rester là et demande le retrait pur et simple des franchises, « qui sont une taxe sur les malades, une double peine aussi scandaleuse qu’inefficace ».

Le 5 février, le Mouvement a envoyé une lettre à tous les parlementaires leur demandant de remettre à Roselyne Bachelot les 700 000 pétitions contre les franchises médicales recueillies dans toute la France depuis plusieurs mois.

[06.02.09]

- Sylvie Boistard

Le site de l’association :
www.ensemblepourunesantesolidaire.fr

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Viva magazine 12.01.09

L’Association des médecins urgentistes « atterrée » par le discours de Sarkozy sur l’hôpital

Après le discours du Président de la République sur l’hôpital public, samedi à Strasbourg, l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) s’est dite « atterrée ». « L’AMUF alerte régulièrement sur le manque de moyens des hôpitaux et plus particulièrement des services d’urgence. Ces appels ont été méprisés et balayés d’un revers de main par les gens qui sont censés nous gouverner », déclare l’association qui dénonce « l’aveuglement » de Roselyne Bachelot et du Président de la République.

Lors de son discours, Nicolas Sarkozy a bien salué les efforts des personnels, mais il a aussi exclu tout déblocage de fonds, renvoyant les difficultés de l’hôpital public à un problème d’organisation.
« Une telle négation de la réalité des faits est inacceptable. La méthode Coué face à une crise de cette ampleur est une grave faute politique ».

La réorganisation annoncée de l’hôpital est un faux argument estime l’Amuf qui rappelle que « la précédente réforme dite "Hôpital 2007" était déjà une réforme organisationnelle. Cette « réorganisation » a été un échec et c’est la raison pour laquelle, « la réforme "Bachelot" qui poursuit et amplifie la logique de la précédente ne peut être une réponse acceptable aujourd’hui ».

Depuis 6 semaines, les urgentistes sont en grève tout en assurant leur travail aux urgences. Ils demandent des moyens pour assurer correctement leurs missions.

[12.01.09]

La prise de position de l’Amuf :
www.amuf.fr

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Source Viva Magazine 02.01 2009
La Sécurité sociale ne rembourse plus les frais de transports des handicapés lorsqu’ils se rendent, par exemple, dans un centre de soins spécialisé. On l’avait « oublié », mais la loi de 2005 créant la prestation compensatoire du handicap (Pch) prévoyait que ces frais de transports seraient couverts dans le cadre de la Pch.

Mais cette prise en charge est limitée à 12 000 euros sur cinq ans, soit 200 euros par mois. Ce qui est très loin de couvrir les frais réels pour nombre de familles.
Le système est aujourd’hui généralisé et cause d’énormes difficultés aux familles. Selon la Fnath, l’Association des accidentés de la vie, pour certaines familles, les frais réels de transports pour un enfant handicapé peuvent atteindre 1 000 euros par mois.

Source Viva 27.11.2008

Le retour du bouclier sanitaire... pour en finir avec les Ald

La Mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la Sécurité sociale (Mecss) a rendu hier, 26 novembre, un rapport pour la réforme du régime de prise en charge des Affections de longue durée (Ald).
Ce régime permet la prise en charge à 100 % d’une trentaine de maladies graves ou chroniques, par exemple les cancers, le sida, le diabète ou l’hypertension artérielle.

Le rapport de la Mecss reprend les idées d’économies déjà avancées l’été dernier et qui consistait à réduire le périmètre de la prise en charge en excluant du régime les médicaments dits « de confort ». La protestation avait fait reculer le gouvernement.
Le président de la Mecss, le député Jean-Pierre Door * avance à nouveau sur ce terrain : il propose par exemple de réserver le 100 % aux médicaments et soins en lien direct avec l’Ald... Mais c’est pour revenir aussitôt sur la proposition en soulignant que les économies seraient minces.

L’idée qu’il souhaite vraiment voir avancer, c’est celle du... bouclier sanitaire, elle aussi déjà évoquée, puis enterrée...
En clair ce bouclier sanitaire revient à fixer un plafond annuel en dessous duquel toutes les dépenses de santé sont à la charge du patient. Au-delà, l’assurance-maladie rembourse à 100 % pour tout le monde.
Le tout sans distinguer les Ald ou autre situation particulière de santé. Et sans répondre à quelques questions essentielles : quelle devrait être la hauteur du plafond ? Ce plafond sera-t-il fixe ou variable selon les revenus, les charges de famille, voire les besoins de financement de l’assurance-maladie ?
Et ces questions sont amplifiées pour les 10 millions de malades en Ald qui – compte tenu du vieillissement de la population – seront probablement 15 millions en 2015.

On est loin de la logique solidaire qui a présidé à la création de la Sécu. Et de son universalité... : un assuré qui cotiserait normalement et aurait des dépenses de santé inférieures au plafond du bouclier, se retrouverait cotisant et ne bénéficiant pas des prestations de l’assurance-maladie.

* Jean-Pierre Door Député Maire de Montargis (45)

[27.11.08]

Le rapport de la Mecss de l’Assemblée nationale :
www.assemblee-nationale.fr

Viva magazine || www.viva.presse.fr

        viva

Succès de l’atelier pour une santé solidaire à Juvisy
Plusieurs centaines de signatures contre les franchises et la fermeture de l’hôpital de Juvisy (photo DR) Initiée par l’association "Ensemble pour une santé solidaire" en partenariat avec Aides, les mutuelles de France, Le collectif contre la fermeture de l’hôpital de Juvisy, Le PCF, Le PS, la Mairie de Juvisy, cette action a permis de recueillir plusieurs centaines de signatures contre les franchises médicales et contre la fermeture dl’hôpital de Juvisy. Viva-magazine était présent grâce à la mobilisation des mutualistes d’Ile de France (photo DR)
L'Humanité du 25.11.2008
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Lettre ouverte à la ministre de la santé des présidents de CCM de l’APHP déçus de la réforme des hôpitaux qu’ils ont cherché à appliquer de leur mieux
L’hôpital public en cours d’asphyxie ?

mercredi 5 novembre 2008

Madame la Ministre,
La politique déployée sur nos hôpitaux depuis plusieurs mois ressemble de plus à en plus à un étranglement financier pur et simple. Des restrictions budgétaires sans objectifs médicaux ni de santé publique clairement identifiés font courir des risques graves au système de santé que nous servons.
A l’heure où les parlementaires français réfléchissent à l’avenir du système de santé en France à l’occasion des discussions sur la loi « portant réforme de l’hôpital et des dispositions relatives aux patients, à la santé et aux territoires », il ne faudrait pas que toute tentative de changement, portée par une volonté justifiée d’améliorer l’organisation du système de santé, n’aboutisse à une paupérisation progressive de nos hôpitaux et à un découragement de l’ensemble des personnels qui y travaillent.

Déjà deux réformes majeures ont eu lieu :
Les présidents des Comités Consultatifs Médicaux (CCM) des hôpitaux de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris se sont engagés ces dernières années avec volonté dans la réorganisation de l’hôpital en mettant en place les pôles d’activité médicale. Nous avons du convaincre ceux de nos collègues inquiets des changements importants que cela annonçait dans l’organisation quotidienne du travail. Nous avons réfléchi sur le terrain aux risques de perte d’identité de petites équipes performantes pouvant être « noyées dans de grands pôles ». Une modernisation de l’hôpital nous semblait indispensable et nous avons plaidé que cela passait par de nouveaux schémas, plus solidaires et plus responsables vis-à-vis de l’utilisation rationnelle des moyens dédiés par la communauté au système de santé. Nous avons dans le même temps accompagné la vague de la « tarification à l’activité », nouveau mode de financement des hôpitaux où les moyens alloués sont directement liés à l’activité, et les bouleversements qu’elle a induit. La aussi nous avons plaidé l’aspect fortement incitateur de cette réforme en terme de réorganisation et d’optimisation des moyens utilisés. Nous avons examiné les risques que pourraient engendrer une volonté de développer prioritairement une activité financièrement « rentable », au dépens de la qualité et des missions de service public. Dans cet esprit, nous avons approuvé les mécanismes compensateurs de soutien aux activités de recours de l’hôpital public, aux missions d’intérêt général, à l’accueil des urgences et des personnes âgées et aux missions de recherche. La recherche a en effet pris place désormais au coeur de nos métiers à l’hôpital public et à l’AP-HP, car c’est en innovant et en évaluant aujourd’hui nos pratique que nous offrons de meilleurs soins dès demain.

La situation s’aggrave
Depuis quelques mois, le ton a malheureusement changé. La place n’est plus aux réorganisations et regroupements médicalement utiles et intelligents, aux investissements sur des projets prometteurs, la place est aux économies à très court terme et à tout prix. Les investissements non engagés sont arrêtés. On nous demande désormais de recruter nos jeunes collaborateurs sur la base d’une masse salariale constante qui conduit inéluctablement à une réduction d’emplois et compromet l’avenir. Les crédits d’emplois non utilisés temporairement « disparaissent ». Les crédits dits « fléchés », c’est-à-dire devant servir à un besoin de santé publique spécifiquement identifié, sont gelés dès qu’il ne sont pas immédiatement engagés. Les dépenses de personnel supplémentaires (remplacement, intérim), si importantes dans les périodes de surchauffe, sont bloquées. Les heures supplémentaires pour les personnels, les plages « additionnelles » (équivalent pour les médecins), tout cela est soumis à la moulinette financière la plus drastique qui soit.
La direction générale de l’AP-HP ne fait, semble-t-il, que répercuter une politique qu’elle doit subir.

Un risque majeur
Nous, présidents de CCM de l’AP-HP, médecins de terrain, suivant au plus près les répercussions des réformes et des contraintes budgétaires sur le quotidien de l’hôpital sommes inquiets. Les deux réformes précédentes majeures (« pôles et nouvelle gouvernance » et « tarification à l’activité ») ont eu des effets stimulants pour mettre en place un meilleur fonctionnement. Ces réformes sont à peine mises en place et l’émoi qu’elles ont entraîné est loin d’être retombé. Aujourd’hui cependant, l’impression est qu’elles risquent de ne servir qu’à un étranglement progressif de l’hôpital public par, entre autres, une mécanique inquiétante de baisse annuelle des tarifs de remboursement de l’activité. Ni la tarification à l’activité ni la nouvelle gouvernance ne sont intrinsèquement en cause car ce ne sont que des outils de gestion et d’organisation. La vraie question est de savoir quelle santé nous voulons.
La santé est un investissement pour le pays. L’utiliser pour un objectif à court terme de réduction pure et simple des dépenses est dangereux. La qualité va en pâtir sans aucun doute, de même que l’accès aux soins pour tous, si efficace aujourd’hui en France. Le découragement des acteurs qui font l’hôpital public va s’en suivre. Il y a danger. Les médecins impliqués dans l’organisation hospitalière à l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris vous le disent solennellement.

Présidents de CCM de l’ Assistance Publique – Hôpitaux de Paris

Pr Laurent Brochard
Président du CCM du Groupe hospitalier Albert Chenevier – Henri Mondor
Pr Denis Devictor
Président du CCM de l’hôpital de Kremlin-Bicêtre
Président de la collégiale des présidents de CCM de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris
Dr Marie-France Maugourd
Président du CCM de l’hôpital Georges Clemenceau
Pr Dominique Musset
Président du CCM de l’hôpital Antoine Béclère
Pr Philippe Grenier
Président du CCM du Groupe hospitalier Pitié – Salpêtrière
Pr Thierry Chinet
Président du CCM de l’hôpital Ambroise Paré
Pr Béatrice Crickx
Présidente du CCM de l’hôpital Bichat - Claude Bernard
Dr Nathalie Charasz
Président du CCM Groupe hospitalier Broca – La Collégiale - La Rochefoucauld
Pr Eric Rondeau
Président du CCM de l’hôpital Tenon
Pr René Adam
Président du CCM de l’hôpital Paul Brousse
Dr Nicole Okra
Présidente du CCM de l’hôpital Vaugirard
Pr Jean-Louis Pourriat
Président du CCM de l’Hôtel-Dieu
Dr Jean-Pierre Vincent
Président du CCM de l’hôpital Emile Roux
Pr Philippe Ruszniewski
Président du CCM de l’hôpital Beaujon
Dr Marie-Christine Mouren
Président du CCM de l’hôpital Robert Debré
Dr Véronique Simha
Présidente du CCM de l’hôpital San Salvadour
Dr Jean-Guy Périlliat
Président du CCM de l’hôpital Joffre Dupuytren
Dr Jean-Laurent Le Quintrec
Président du CCM de l’hôpital Sainte Perrine
Dr Olivier Drunat
Président du CCM de l’hôpital Bretonneau
Pr Yves Cohen
Président du CCM de l’hôpital Avicenne
Dr François Guyon
Président du CCM de l’AGEPS
Dr Patrick Bocquet
Président du CCM de Corentin Celton
Pr Noël Garabédian
Président du CCM de l’hôpital Armand Trousseau
Pr Christian Péronne
Président du CCM de l’hôpital Raymond Poincaré
Pr Stanislas Chaussade
Président du CCM de l’hôpital Cochin
Pr Jean-Noël Fabiani
Président du CCM de l’hôpital HEGP
Dr. Georges SEBBANE
Président du CCM de l’hôpital René Muret - Bigottini
Pr. Maurice MIMOUN
Président du CCM de l’hôpital Rothschild
Pr. Jean-Claude PETIT
Président du CCM de l’hôpital Saint-Antoine
Dr. Marie-France O’MAOLAIN
Présidente du CCM de l’hôpital Villemin - Paul Doumer
Dr. Jon Andoni URTIZBEREA
Président du CCM de l’hôpital Hendaye
Dr. Yves FLAMANT
Président du CCM de l’hôpital Louis Mourier
Pr. Daniel SERENI
Président du CCM de l’hôpital Saint Louis
Dr. Claude SEBBAN
Président du CCM de l’hôpital C Foix-J Rostand
Dr. Jean-Guy PERILLAT
Président du CCM de l’hôpital Joffre-Dupuytren
Dr. Claudine Gard
Président du CCM de l’hôpital Charles Richet
Pr. Nicolas SELLIER
Président du CCM de l’hôpital Jean Verdier
Pr. Roland RYMER
Président du CCM de l’hôpital Lariboisière - F. Widal
Pr. Pierre CARLI
Président du CCM de l’hôpital Necker - Enfants Malades

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Hôpitaux, la saignée des emplois.

Nantes, Le Havre, Nice, Villejuif… Petits ou gros, les établissements multiplient les "restructurations" et les "plans sociaux déguisés" selon les syndicats. Vingt mille postes sont menacés, dans un sous-financement organisé pour favoriser le privé.

C’est bel et bien devenu une réalité : le privé n’a plus l’apanage des plans sociaux, y compris dans le domaine de la santé. Partout, les hôpitaux, petits et grands, dégraissent. La logique financière imposée aux établissements pousse aujourd’hui un nombre croissant de gestionnaires à réduire les effectifs, devenus à leurs yeux la seule variable d’ajustement. Au vu des déficits existants, la Fédération hospitalière de France (FHF) estime qu’il faudrait supprimer 20000 emplois sur les 800000 actuels pour revenir à l’équilibre.

Certes, les suppressions de postes dans les hôpitaux existent depuis longtemps. « En dix ans, j’ai supprimé une centaine d’emplois en externalisant (…). La consigne n’est pas officielle, mais je n’ai pas le choix », confiait ainsi de façon anonyme un chef d’établissement public dans le Quotidien du médecin, la semaine dernière. « Nous sommes tous dans des logiques de non-remplacement de départs ou d’un remplacement sur deux pour les personnels hospitaliers », avouait de son côté le président de la conférence des directeurs généraux des centres hospitaliers universitaires (CHU). La seule différence, c’est qu’aujourd’hui les tutelles ne cachent plus la nécessité de réduire la masse salariale, seule possibilité, selon elles, de résorber les déficits astronomiques des établissements de santé. Seuls deux des 31 CHU (Limoges et Poitiers) ne sont pas en déséquilibre. Entre 2005 et 2007, le déficit global des CHU est passé de 24 millions à 367 millions d’euros. Et ils devraient terminer 2008 avec une perte de près de 800 millions d’euros. Mais les gros hôpitaux ne sont pas les seuls concernés : la plupart des centres hospitaliers du pays ont aujourd’hui leurs indicateurs dans le rouge.

Cette crise s’explique essentiellement par l’évolution du mode de financement. Depuis 2004, les hôpitaux ne reçoivent plus de dotation globale de l’État et sont passés, depuis le 1er janvier dernier, à une tarification à l’activité à 100 %. « Le sous-financement organisé de l’hôpital asphyxie petit à petit nos établissements  », alertait il y a quelques mois Claude Évin, le président de la FHF. « Les situations déficitaires n’ont cessé de se multiplier et, aujourd’hui, même les établissements les plus performants se trouvent confrontés à de graves difficultés financières.  » L’exemple le plus révélateur de ce paradoxe est sans doute celui du CHU de Toulouse. Classé parmi l’un des plus performants par le palmarès 2008 du journal le Point, il affiche un déficit de 12 millions d’euros, ce qui va entraîner la suppression de 120 emplois.

Car qui dit déficit aggravé, dit menace sur l’emploi. L’équation faite par le gouvernement est simple : l’emploi représente 70 % du budget des hôpitaux. Donc en réduisant les effectifs, les établissements feront forcément des économies. Pour les syndicats, cette logique est vraiment nouvelle. « Sept hôpitaux sur dix prévoyaient de s’attaquer à l’emploi contre un sur deux en 2007 », constate Philippe Crépel, secrétaire fédéral de la CGT santé.

Contrairement aux hôpitaux privés, les établissements publics ne peuvent légalement pas appliquer un plan social. En revanche, ils jouent sur les non-remplacements de départs naturels. Des « plans sociaux » déguisés, selon les syndicats. Un dispositif existant depuis 1998, mais rarement utilisé, permet d’allouer une enveloppe pour favoriser les départs volontaires (selon certains critères), dans les cas de restructurations. C’est ce qui se passe actuellement au CHU de Nantes. « Aujourd’hui, le gouvernement met en oeuvre les mécanismes permettant aux hôpitaux de licencier  », résume Philippe Crépel, indiquant que les hôpitaux commencent à cotiser aux ASSEDIC. Pour le syndicaliste, tout s’est « accéléré  » depuis l’élection de Nicolas Sarkozy.

Une analyse partagée par Yolande Briand, secrétaire générale de la fédération CFDT santé. « Avec la crise, ce sera pire en 2009. Le problème, souligne cette dernière, c’est qu’il n’y a pas de restructuration. La plupart des directeurs diminuent immédiatement la masse salariale. Ils ne cherchent pas d’autre possibilité de réorganisation. C’est le degré zéro de réflexion. Il n’y a pas d’analyse du déficit. » Et de poursuivre : « Le fond de la question, c’est de savoir si l’on considère la santé comme une marchandise. »

D’ici à 2015, près de 380000 agents de la fonction publique hospitalière vont partir à la retraite, soit près de 50 % des effectifs. Va-t-on, à cette occasion, assister à un dépeçage des hôpitaux ? Mais quid des patients ? « Si l’offre de soins reste, pour le moment, relativement protégée, c’est que les personnels prennent sur eux pour maintenir un service public de qualité », assure Philippe Crépel, de la CGT santé. Jusqu’à quand ?

Alexandra Chaignon
(Paru dans l’Humanité du 10 novembre 2008)

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Augmentation de la taxe sur les complémentaires santé votée à l'Assemblée

PARIS (AFP) — L'Assemblée nationale a voté jeudi, avec les seules voix de la majorité, l'augmentation -de 2,5% à 5,9%- de la taxe sur le chiffre d'affaires des complémentaires santé (mutuelles, assurances privées, instituts de prévoyance) qui doit rapporter un milliard d'euros en 2009.
Lors de l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2009, les députés de gauche (PS, PCF et Verts) ont réclamé en vain la suppression de cette mesure "choquante", qui fait partie du nouveau plan de "redressement" de l'assurance maladie annoncé par le gouvernement fin juillet.
Marisol Touraine (PS) a dénoncé un nouveau "mauvais coup" porté aux assurés sociaux après l'instauration des franchises médicales en 2008. De son côté, Martine Billard (Verts) a prédit que cette taxe conduirait à "une augmentation à terme des cotisations des complémentaires" et aurait donc des répercussions sur le pouvoir d'achat des Français.
"Les organismes de complémentaires santé sont à même d'assumer cette nouvelle charge", a rétorqué le rapporteur du PLFSS, Yves Bur (UMP).
Dénonçant une "caricature", le ministre du Budget Eric Woerth a défendu une mesure "juste" en soulignant que l'instauration de cette taxe avait été décidée par l'ancienne ministre PS Martine Aubry.
"Je suis abasourdi de voir que vous défendez autant le monde complémentaire et aussi peu l'assurance maladie", a-t-il lancé en direction de la gauche.
"Les mutuelles font tant de bénéfices... Il est temps qu'elles contribuent à la Sécurité sociale", a déclaré pour sa part Bernard Debré (UMP).
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source La Tribune.fr - 28/10/2008 à 06:46 - 1566 mots

Roselyne Bachelot, ministre de la Santé : "Les franchises médicales n'ont pas empêché les malades de se soigner"

Dans une interview accordée à la Tribune, la ministre de la Santé réaffirme l'objectif de retour à l'équilibre des comptes de l'assurance maladie en 2011, malgré la crise. Elle annonce la création d'un grand portail Internet sur le médicament, accessible au grand public.

La crise ne remet-elle pas en cause tout le budget de la sécurité sociale ? L'objectif de retour à l'équilibre de l'assurance maladie en 2011 est-il tenable ?

Nous avons conçu ce projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009 en tenant compte de la dégradation de la situation économique. Pour l'assurance maladie, j'ai présenté un projet de PLFSS avec un déficit de 3,4 milliards. Cela reste compatible avec un retour à l'équilibre en 2011. Des mesures très fortes de long terme, initiées l'an dernier, comme le contrat individuel et les nouveaux modes de rémunération des médecins, vont aussi porter leurs fruits. D'autant que la crise touchera moins la branche maladie que les autres branches de la Sécurité sociale, car les dépenses sont moins indexées sur l'inflation.


Un des problèmes récurrents de l'assurance maladie est que les économies prévues sont loin d'êtres toutes réalisées...
 

Jusqu'alors, on fixait des objectifs de maîtrise médicalisée, c'est-à-dire des efforts à suivre dans les prescriptions, mais les médecins éprouvaient des difficultés à obtenir les référentiels (les meilleures pratiques) sur les traitements pertinents. C'est pour cela que nous avons fait évoluer le rôle de la Haute autorité de santé l'an dernier pour fournir cette logistique. Elle l'a fait pour le traitement de l'hypertension artérielle a été établi : il est tout à fait normal de commencer le traitement d'une hypertension par certaines molécules avant d'aller tout de suite à la molécule hyper sophistiquée et très chère. Il faudra, en 2009, que les objectifs affichés en matière de maîtrise médicalisée soient mieux respectés que le taux moyen actuel de 60%.


Quelle sera la sanction si les médecins ne respectent pas les recommandations ?
 

Voyons les choses en positif. Respecter les objectifs d'économies de la maîtrise médicalisée, c'est permettre les revalorisations d'honoraire. Le passage de la consultation du généraliste de 22 à 23 euros est entre leurs mains. Si la négociation conventionnelle s'achève en décembre, la revalorisation interviendra éventuellement au début de l'été 2009.


Un an après, quel bilan tirez-vous de la mise en place des franchises médicales, principalement sur les médicaments?

L'économie réalisée grâce à ces franchises sera de 800 millions d'euros sur l'année. Cette somme a contribué au financement en hausse de 1,3 milliard des dépenses pour le traitement de la maladie l'Alzheimer et la lutte contre le cancer. L'un des impacts de ces franchises est le succès remporté par les grandes boîtes de médicaments. Ces grands conditionnements peinaient à décoller, mais sur les six premiers mois de l'année, leur vente a progressé de plus de 8%. Contrairement à ce qu'on a pu entendre, les franchises n'ont pas provoqué de phénomène de renoncement aux soins. Le nombre de boîtes de médicaments sur les six premiers mois de l'année a progressé de 1,2%, comme au cours des années passées. En outre 28,5% des prestations, soit 4,5 milliards d'euros de dépenses, échappent à la franchise. Les plafonds ont également joué leur rôle: selon les régimes, 5 à 6% des assurés ont saturé le plafond annuel de 50 euros à mi-année, une proportion qui atteint 12 à 19% pour les patients en affection de longue durée. De même, plus de 10% des assurés ont saturé au moins une fois le plafond journalier au cours d'un mois.

Un amendement du PLFSS propose de réduire de 65% à 35% le taux de remboursement des cures thermales. Y êtes-vous favorable ?
 

Ce n'est pas ma proposition. Je sais pouvoir compter sur l'engagement de la profession thermale pour démontrer son service médical rendu. J'ai également indiqué que je ne voulais pas de mesures qui pourraient être considérées comme défavorables aux assurés dans ce projet de loi.


Nicolas Sarkozy avait appelé à une réforme du dispositif des affections de longue durée. Quelle évolution allez-vous proposer ?
 

Je veux d'abord réaffirmer que la prise en charge à 100% des maladies graves, chroniques et coûteuses constitue un des piliers de notre système solidaire et qu'il convient de préserver ce progrès considérable. Il s'agit désormais de chercher à soigner mieux ces malades, notamment grâce aux contrats individuels que les médecins traitants pourront bientôt passer avec l'assurance maladie, pour un suivi balisé des maladies chroniques. L'éducation thérapeutique sera aussi développée.

 

L'obésité est une épidémie qui coûtera très cher à l'assurance maladie. Soutenez-vous les propositions parlementaires de détaxer certains aliments sains et de surtaxer les aliments gras et sucrés ?

La taxe nutritionnelle est intéressante, dans le cadre d'une politique globale de lutte contre l'obésité. Mais dans la situation actuelle financière et économique, elle serait insupportable pour trop de ménages, en particulier les plus fragiles.


Les dépenses de médicaments sont très importantes en France. Comment pouvez-vous favoriser davantage le développement des génériques ?
 

Nous travaillons actuellement avec l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) pour élargir le répertoire des médicaments qui peuvent être remplacés par un générique, par exemple en y incluant de nouvelles formes pharmaceutiques. Je sais qu'il y a un amendement au PLFSS du rapporteur Yves Bur sur ce thème. Par ailleurs, afin de favoriser l'innovation thérapeutique, je souhaite supprimer par amendement la taxe sur les recherches biomédicales affectées à l'Afssaps, dans le cadre du projet de loi de finances. C'est un signal fort en direction du monde de la recherche pour maintenir et attirer des investissements en France. Elle sera financée par une hausse des autres taxes affectées à l'AFSSAPS.

Comment inciter par ailleurs les médecins à prescrire moins de médicaments, comme l'a suggéré le chef de l'Etat ?
 

En fait, il faut aider les médecins à prescrire mieux, en leur donnant une information objective. Je vais lancer très prochainement un portail public sur le médicament, qui sera commun à toutes les institutions qui produisent des informations - le ministère de la Santé, la Haute autorité de santé, l'assurance maladie...- et qui pourra être consulté par les professionnels de santé et par le grand public. Les praticiens peuvent également s'appuyer sur les logiciels d'aide à la prescription, qui vont se développer. Aujourd'hui, un généraliste prescrit dans une gamme de 200 médicaments, il y a quinze ans, c'était une gamme de 100 médicaments, dans dix ans, ça risque d'être une gamme de 300 médicaments. Enfin, nous poursuivons également notre politique de baisse ciblée des prix des médicaments.


Les contrats individuels entre les médecins et l'assurance maladie prévus pour début 2009, qui prévoient un paiement à la performance, doivent-ils à terme concerner une majorité de médecins?

Je crois que c'est une opportunité formidable de repenser l'exercice médical, mais je ne veux rien con traindre. C'est sur le mode du volontariat. J'ai constaté une soif des jeunes médecins pour ces nouveaux modes de contractualisation avec l'assurance maladie et de rémunération. La dynamique prendra au fur et à mesure de l'installation des jeunes professionnels.


Vous cherchez à rééquilibrer la présence des médecins sur le territoire. Quelle est aujourd'hui la carte des déserts médicaux et des zones surdotées en professionnels de santé?

Nous sommes en train de construire la cartographie du territoire national. Il en ressort que les zones « très sous dotées » en médecins, qui comprennent les zones franches urbaines, concernent 5% de la population française et que 20% de la population réside en zone « sous-dotée ». Par ailleurs, 50% des Français résident en « zones neutres », 20% en zones « sur-dotées » et enfin, 5% en « zones très sur-dotées ». Mon objectif est de mieux répartir l'offre de soins sur le territoire national.


Vous cherchez actuellement à limiter les dépassements d'honoraires. Quels recours pourront avoir à l'avenir les patients face à des dépassements excessifs ?
 

Un projet de décret, actuellement en Conseil d'Etat, va organiser le circuit des pénalités. Les malades saisissaient déjà bien plus souvent les caisses primaires d'assurance maladie que le conseil de l'ordre des médecins pour contester les dépassements. Prochainement, l'assurance maladie pourra prononcer des sanctions administratives et financières, mais nous tenons à ce que toute plainte auprès de l'assurance maladie soit transmise au conseil de l'ordre, car c'est son rôle de faire respecter la règle déontologique du tact et de la mesure.


La quasi-totalité des CHU sont aujourd'hui en déficit. Comment vont-

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Dernière mise à jour de cette page le 15/05/2010

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